L'antre de la folie
Par Virginie, jeudi 5 avril 2007 à 16:42 :: Cinéma :: #57 :: rss
A l’heure ou les studios nous inondent de films de genre et de remakes pour ados décérébrés, à la mise en scène en roue libre et à la réalisation sans âme, Metropolitan a la magnifique idée de nous éditer, enfin !, en DVD l’excellent L’antre de la folie de notre ami "Big John" Carpenter.
Sorti en 1995, L’antre de la folie nous narre la descente aux enfers de John Trent (incarné par Sam Neill), détective privé au sein d’une société d’assurance chargé de retrouver Sutter Cane, l’auteur de romans d’horreur à succès récemment disparu et dont le dernier livre crée une ambiance d’hystérie et de folie collective.
Avec In The Mouth Of Madness (titre original), Carpenter termine son triptyque sur l’apocalypse entamé avec The Thing et Prince des ténèbres. Série B mêlant habilement fiction, cauchemar et réalité, librement inspiré des œuvres de H.P. Lovecraft, à la réalisation maîtrisée de bout en bout et au cynisme propre aux meilleurs films de " Big John ", L’antre de la folie est un vrai film fantastique à la tension allant crescendo et aux images proprement fascinantes.
On pense notamment à l’attaque du restaurant par l’agent littéraire de Sutter Cane, ou le réveil de Sam Neill dans un bus où tout est bleu, des fauteuils aux passagers en passant par la photographie ! Le jeu ironique de Neill (de son propre aveu, il a abordé le film comme une comédie), loin de décrédibiliser l’ambiance du film, lui confère une aura carrément schizophrénique.
Alors que nos écrans sont envahis de films de genre parfois pseudo gore pour ados timorés, revoir cette petite pellicule fantastique à la sincérité plus qu’évidente est bien un réel plaisir !
Pour ce qui est de l’édition DVD, celle-ci n’a de prestige que le nom puisque, devant un tel film, on aurait été en droit d’attendre plus que quelques interviews, plaisantes certes, mais à l’intérêt plus que relatif ainsi qu’un commentaire de Carpenter centré presque exclusivement sur les techniques photographiques. Néanmoins, la seule vision du film suffit pour que ceux qui ne le connaissent pas encore courent le découvrir et, pour les autres, qu’ils complètent leur vidéothèque par cet incontournable du genre.

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