Virginie nous a déjà longuement loué les qualités du film dans son compte-rendu du Festival du Film Fantastique de Bruxelles, où il avait dévalisé tous les prix, mais permettez-moi d'en remettre une petite couche! Le pitch annonce la détonnante couleur: Adam, néo-nazi de son état fraîchement sorti de prison, se retrouve dans un centre de réhabilitation dirigé par le père Yvan, un pasteur à l'optimisme forcené. Rapidement, Adam va tout faire pour détruire la vision du monde idyllique d'Yvan, mais cela ne sera peut-être pas aussi facile que prévu...

adams2Adam's Apples est une indéniable réussite pour plusieurs raisons. Par son écriture tout d'abord. Jensen ne sacrifie jamais ses personnages au profit du "concept" de son film: s'ils sont très typés, ils restent humains. Le film ne verse donc jamais dans le manichéisme et, à cet égard, sa morale est pour le moins ambiguë (à vrai dire, je ne suis même pas persuadé de l'avoir décodée... Peut-être est-ce tout simplement "Face à l'absurdité de la vie, chacun fait comme il peut"!). Par son traitement ensuite: l'humour (très) noir et vachard est en permanence jubilatoire, la violence et les évènements "bigger than life" très cartoonesques. Jensen serait-il le cousin nordique d'Albert Dupontel et Alex de la Iglesia? Une autre approche vient asseoir cette réussite: l'histoire et les réactions des personnages dérapent de plus en plus, deviennent de plus en plus délirantes, mais tout ce petit monde reste on ne peut plus sérieux. On le sait, ce genre de ressort comique est toujours très efficace! Enfin, il serait criminel de passer sous silence l'impeccable performance des acteurs: dans le rôle d'Adam, Ulrich Thomsen, qu'on a découvert dans Festen où il incarnait le personnage principal; et, dans le rôle d'Yvan, le génial Mads Mikkelsen qui incarnera le bad guy dans le prochain James Bond. Tous deux étaient présents dans The Green Butchers, ils font donc manifestement partie de la bande à Jensen.

Bref, je n'avais plus pris un tel pied au cinéma depuis Le crime farpait d'Alex de la Iglesia! Et ça, c'est l'argument ultime! Courez le voir tant qu'il est à l'affiche![1]

Notes

[1] Le film est distribué en Belgique par Imagine Film Distribution, structure bruxelloise indépendante, et en France par EuropaCorp, la boîte de Luc Besson (comme quoi, il a le nez fin le bougre!).