Clayton Riddell, dessinateur de comics sans le sous, arrive enfin à décrocher un contrat avec une grande maison d’édition. Sur le chemin de son hôtel, les gens deviennent subitement fous et se transforment en zombies particulièrement agressifs suite à une « impulsion » envoyée au cerveau par les téléphones portables. Clay et quelques autres survivants décident de partir à la recherche de sa femme et de son fils dont il n’a plus de nouvelles.

C’est l’enfer qui se déchaîne! Les gens s’entretuent, les avions s’écrasent: tout est déstructuré, plus rien ne fonctionne. Dès les premières pages proprement terrifiantes, King nous place instantanément dans une horreur graphique et violente. On pense tout de suite à des films comme la trilogie des zombies de George Romero et à 28 jours plus tard de Danny Boyle. Façon classique de raconter une histoire de zombies au cinéma, mais vraiment novatrice dans un roman!

Si dans Cellulaire King laisse de côté son talent à construire un portrait psychologique complexe et humain de ses personnages, il y brosse par contre, à travers le point de vue d’un seul homme, Clay (certains pourront donc y voir une analogie avec La guerre des mondes de Spielberg), un portrait critique de la société américaine post 11 septembre sous divers aspects: les congrégations chrétiennes extrémistes, la possession d’armes et la reconstruction d’une société repliée sur elle-même après une attaque aussi gratuite qu’inattendue.

Mais ce ne sont pas les seuls points positifs du livre, et oui il y en a encore un! King n’a pas perdu son second talent, l’art de nous renvoyer en pleine face nos propres faiblesses. Par des petites phrases d’une justesse assassine, il nous renvoie à notre dépendance aux nouvelles technologies, nous amenant à en vouloir toujours plus sans nous inquiéter des conséquences délétères de nos actes! Roman profondément terrifiant, on ne peut ressortir de la lecture de Cellulaire sans s’interroger un minimum sur notre société de consommation.

Bien entendu, ce dernier opus n’est pas exempt de faiblesses: certains personnages peu attachants et peu crédibles, manque de rythme dans certains passages et explication « scientifique » un brin tordue. Malgré cela, Cellulaire reste un très bon moment d’horreur, un livre intelligent et surtout nous confirme que Stephen King est toujours parmi nous et plus que jamais. Et pour cela, je dis merci!