On pensera notamment à Deathwatch de Michael J. Bassett, un film de fantômes dans les tranchées lors de la guerre 1914-1918, ou à l’excellent Shaun of the Dead d’Edgar Wright et Simon Pegg qui n’est pas une parodie de film de zombies, mais bien un authentique film d’horreur mélangé à une comédie sociale. Nous n’allons pas ici en dresser une liste exhaustive (nous ne sommes pas payé au caractère!), mais de là à dire qu’après l’Espagne, il va bientôt falloir aussi compter sur l’Angleterre pour voir surgir des productions fantastiques de qualité, il n’y a qu’un pas que nous franchissons allègrement! Pour s’en convaincre il suffisait de jeter un œil sur le programme du Festival International du Film Fantastique de Bruxelles de cette année: on y déniche pas moins de dix films fantastiques britanniques!

En parlant du BIFFF, Neil Marshall, réalisateur de The Descent, commence à y faire figure d’habitué. En 2002, celui-ci s’y était déjà fait remarquer en raflant le Prix du public pour Dog Soldiers, dans lequel une escouade militaire en mission d’entraînement se retrouve aux prises avec une meute de loups-garous. Non dénoué de petites faiblesses notamment de mise en scène et de rythme, ce premier film était malgré tout déjà prometteur et avait le mérite de renouveler le genre, ainsi que de nous offrir des loups-garous parmi les plus réussis au cinéma. Autant dire que nous suivons donc la carrière du Monsieur avec grand enthousiasme.

Avec The Descent, Neil Marshall s’attaque à un autre pan du cinéma fantastique : le survival, dont le représentant le plus connu est sans aucun doute le Délivrance de John Boorman, avec Burt Reynolds et Jon Voight.

Un an après l’accident de voiture ayant coûté la vie à sa fille et son mari, Sarah retrouve dans les Apalaches ses copines de sports extrêmes où elles se préparent à faire la descente d’une grotte inexplorée. Très vite les choses dégénèrent et va commencer pour elles le début d’une véritable plongée en enfer!

Dès la scène d’ouverture (l’accident de voiture d’une violence et d’un réalisme glaçants), le ton est donné. Par sa mise en scène, le réalisateur imprime à son film une ambiance d’une noirceur sans concession. La mort est présente dès le début: il n’y a pas de happy end à attendre, les personnages sont en sursis et la scène de retrouvailles, moment de gaieté et d’insouciance, est baignée de gravité. La plongée dans les profondeurs de la terre met nos nerfs à rude épreuve. L’environnement, exploité au mieux, fait très rapidement monter la tension. De sombre, le film glisse vers la claustrophobie à voir ses personnages ramper dans une obscurité quasi totale sous mille mètres de roche. Sentiment d’autant plus renforcé par des personnages attachants et forts psychologiquement. Eprouvant jusque-là, le film va basculer dans l’horreur pure avec l’arrivée des « crawlers », monstres particulièrement agressifs (dont on ne vous dévoilera rien ici). Va s’engager alors pour les héroïnes une lutte sans merci pour la survie, plongée dans l’âme humaine et sa frontière avec l’animalité.

Totalement éprouvant, vraie réussite, un film à voir absolument!